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Le thé des écrivains. Chapitre XIX. Voyage en Normandie. Le thé des écrivains. Chapitre XIX. Voyage en Normandie.

lundi 31 octobre 2016 par Elisabeth

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Charles reçut une lettre de Gérard son ami d’enfance. Il l’invitait à ses noces d’or, cinquante ans de mariage avec Liliane. Pas de mail, pas de coup de fil, un carton d’invitation où figurait une photo de classe. Elise et Charles étaient présents. Qui serait encore de ce monde pour assister à la cérémonie ?
Ils répondirent qu’ils viendraient avec plaisir. Ils ne devaient pas être loin du même nombre d’années partagées.
Ce petit voyage en Normandie les ravit.
Ils prirent l’avion jusqu’à Orly puis ils louèrent une voiture pour retourner vers leur origine, leur enfance, leur adolescence et vers tant de souvenirs.
Dans sa tête, Elise reprenait la chemin de la falaise même si elle savait qu’à présent ce n’était plus possible à cause de l’érosion. La mer était souvent grise et l’écume se brisait sur les galets. Elle piétinait l’herbe mouillée. Ses bottes s’enfonçaient dans la glaise. Il pleuvait souvent, de cette petite pluie fine qui pénètre. Elise aimait cela. En rentrant au village, elle rencontrait parfois un chasseur et son chien trottinant derrière lui. Un petit mot en patois au passage.La pluie noircissait les toits d’ardoise, quelques fenêtres s’allumaient, les cheminées fumaient. Le portail grinçait. Les graviers roulaient sous ses pas. Les hortensias roses lui faisaient une haie. Elle ouvrait la porte. Nathalie, Christine et Anne l’attendaient pour un petit déjeuner qui s’éternisait en discussions et rires.

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la Manche au pays de Caux.

Cette vie là était finie à jamais. Elise devait se résoudre au bonheur de l’avoir vécue.
Ils s’arrêtèrent à Rouen pour déjeuner dans un pub place du vieux marché.
Après la traditionnelle balade rue du vieux horloge,

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rue du Gros Horloge

ils prirent la route de Saint Martin-aux-Buneaux. Comme à Varangeville sur mer, la falaise s’était effondrée récemment.
La campagne avait à peine changé, c’était celle de leur enfance. Les copains, eux, avaient blanchi, quelques rides striaient front et joues, certains commençaient à marcher avec difficultés mais dans l’ensemble, les survivants se portaient plutôt bien.
Liliane pouvait encore revêtir sa robe de mariée. Non seulement le costume de Gérard eût été démodé, mais il n’aurait pas pu le remettre tant il avait pris de l’embonpoint.
Les repas d’affaires sont impitoyables avec l’âge.
Elise et Charles avaient réservé une chambre au château de Sissi à Sassetot le Mauconduit, pour fêter d’une certaine façon leurs longues années de complicité et d’amour usé à présent.
Naturellement, ils retourneraient à Fécamp où ils s’étaient connus puis à Etretat sur la route des Impressionnistes.

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Eugène Boudin. Nuages blancs

On pense toujours que c’est Monet le chef de file mais il disait lui-même : "Tout le temps que je passais à Paris...C’est sur les conseils de Boudin que je me réglai."
Comme souvent, l’élève dépassa le maitre. En 1874, lors de l’exposition qui eut lieu dans l’atelier de Nadar, la toile que fit beaucoup d’effet, fut "Impression soleil couchant" ; elle donna son nom au mouvement, l’impressionnisme.

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Par chauvinisme moqueur, Elise se plaisait à dire qu’il ne pouvait pas naitre ailleurs qu’en Normandie. Les aubes et les couchers de soleil sur la mer ou sur la Seine sont uniques par les lumières et les teintes fondues.
Chaque année, les musées du Havre, Rouen,Louviers et des galeries rendaient hommage à un aspect du mouvement impressionniste : "l’impressionnisme et l’eau" ou" vie quotidienne au temps des Impressionnistes". Elise ne manquait pas de s’y rendre.
Ils terminèrent leur voyage par Le Havre. Quelques visites ça et là à Octeville ou Sainte-Adresse. Promenade sur la jetée qui mène au bout du monde.
Elise n’avait pas souhaité retourner à Varangeville. Les noces d’or des copains, lui paraissaient suffisant comme retour dans le passé.
- "Dors en paix Georges Braque, quand je parlerai du cubisme, je te réveillerai". Pensa t-elle.


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