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Le thé des écrivains. Chapitre X. La visite de Raphael Le thé des écrivains. Chapitre X. La visite de Raphael

jeudi 21 avril 2016 par Elisabeth

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Elise interrompit ses travaux d’écriture et de mémoire pour recevoir Raphael qui venait passer quelques jours, fatigués de la guerre, des soins qu’il prodiguait difficilement tant les conditions étaient ardues.
Raphael était né en 1979, Valéry Giscard d’Estaing allait diner chez monsieur et madame Quidam mais recevait des diamants de la part de Jean Bedel Bokassa le tyran sanguinaire de Centrafrique. Cette histoire lui avait couté les urnes en 1981. VGE avait déçu.
Jeune ministre des finances sous De Gaulle, il avait inspiré confiance en 1974, à la mort de Georges Pompidou mais il l’avait perdue à la fin de son mandat. L’affaire des diamants n’était pas la seule raison, le cout de la vie avait augmenté. En 72 le parti socialiste et le parti communiste avaient fondé l’union de la gauche et on avait cru au grand soir. C’est ce qu’on avait attendu en 2012 mais la mondialisation avait anéanti la notion même du grand soir. En fait, c’était le bonheur social qu’on espérait mais le bonheur social peut-il exister ?
Non ! On ne nait pas tous sous la même étoile.
La mode était très excentrique. En fait, il n’y avait pas de mode. On pouvait rester style hippie des années 70 comme Elise, ou créer son style dans la multiplicité et le métissage.
On admirait Andy Warhol et ses portraits de Mao. On commençait à savoir ce qui se passait en Chine, les prisons pour les intellectuels, les travaux forcés et la pauvreté qui sévissait toujours. Le communisme n’avait rien résolu. Le pays était trop vaste pour être géré avec équité.
On découvrait qu’on nous avait trompé et ce qu’on avait admiré n’était que du bluff. La Chine, l’URSS, Cuba Tous les idéaux s’effondraient.
En France, on était indécis. On avait voté deux fois de suite pour un président socialiste et on le faisait gouverner avec des chambres à droite. Du jamais vu.
C’est dans ce chaos que Raphael avait grandi.
Il ne s’en sortait pas si mal. Médecin du monde, il avait encore assez de générosité pour aller où on aurait besoin de lui, où il pourrait donner de sa vie.
Elise et Charles avaient honte parfois de ne pas avoir assez donné de la leur. Charles n’avait jamais travaillé sur un projet de logements sociaux, Elise s’était enfermée dans les angoisses de la peinture, dans la création en concurrence avec Dieu.
A présent, elle cherchait le sens de sa vie.


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